avril 21, 2021

Rapport du 1er trimestre 2021

Tirée par mes fortes convictions dans Eurobio et MG International, la performance du portefeuille sur les trois premiers mois de l’année est de +15,31%. Cette année démarre donc en fanfare, tout comme les indices qui ont eux aussi profité de l’optimisme ambiant. Je me répète mais je suis de plus en plus circonspect face à cet afflux continu de nouveaux investisseurs (encore 70.000 en 2021) au profil peu – voire pas du tout – aguerri, voulant eux aussi une part du gâteau. Alors que les marchés sont au plus haut, le VIX (l’indice de la peur) est au plus bas depuis le début de la pandémie, laissant croire que les investisseurs voient le marché continuer de monter, encore et encore. De plus en plus d’anomalies de marché sont observées de part et d’autre de l’Atlantique. Et surtout, je ne trouve plus beaucoup de sociétés respectant mes critères. En conséquence, je continue de concentrer autant que possible mon portefeuille autour de sociétés que je connais bien, solides, et avec de belles perspectives quelles que soient les conditions économiques.

Mouvements du portefeuille

Ventes

  • Euronav : vente de ma ligne à 7,58 €. Mon pari sur le stockage de pétrole semble avoir échoué. Il était temps de solder la ligne. La perte est précisément de 2,00 € par titre, mais les gros coupons ont permis de l’atténuer.
  • Peyto : allègement à 5,96 CAD. La remontée des cours du pétrole menace le gaz canadien. Je suis acheteur de cette gazière excellement gérée sous les 4 CAD.
  • Thalassa Holdings. Le miracle s’est produit : ma ligne a enfin été vendue. J’aurais mis près de quatre ans pour m’en séparer. Et entre-temps le cours est passé de 90 GBX à 60 GBX. Le coût d’opportunité est énorme. Même si la performance globale est quand-même largement supérieure +100% sur six ans (difficile à calculer en raison des spin-off), cela m’a vacciné contre le marché anglais AIM.
  • Vente également de mes titres Artois (4.050 €) et Exacompta (93 €), dont j’estime le potentiel désormais trop faible pour rester dans le portefeuille.

Achats

  • Biosynex : constitution d’une ligne à 17 €. Concurrent d’Eurobio, qui bénéficie très fortement de la crise de la covid. J’ai franchi le pas suite à l’annonce du lancement d’autotests.
  • Quadient : j’ai renforcé ma ligne aux alentours de 21 € suite à l’annonce de l’achat de Beanworks. Le groupe est en train de finaliser sa transformation vers le logiciel et la croissance organique devrait prendre le relais progressivement. Je calcule une décote de l’ordre de 30%.
  • CAFOM : renforcement à 9,38 €. La filiale vente-unique.com continue de cartonner, tout comme les franchises Darty et But. La décote de holding appliquée par le marché est beaucoup trop sévère. Je vise entre 14 € et 16 €.
  • Solocal : création d’une petite ligne à 3,04 €. pas grand chose à dire pour le moment, je pense qu’il y a un joli potentiel si la société parvient à exploiter correctement les données qu’elle détient sur ses clients. Je dois creuser un peu le dossier.
  • PCAS : constitution d’une ligne à 10,50 €. Tout est expliqué dans cet article.

Nouvelles des sociétés en portefeuille

MG International

La filiale française de la star israélienne Maytronics profite du boom des piscines privées avec une progression du chiffre d’affaires de 24%, et un bénéfice qui passe de 1,9 M€ en 2019contre 4,7 M€ en 2020. C’est toujours l’activité de distribution de robots nettoyeurs Dolphin qui est la locomotive de la société. La société bénéficie à la fois :
– D’une récurrence forte due au remplacement des robots (tous les cinq ans) et à leurs réparations (un robot électrique nécessite une ou deux réparations durant son cycle de vie).
– D’une demande croissante de constructions de piscines.
– D’une plus grande part de marché (48% actuellement) qui s’explique en partie par des délais de fabrication très courts (9 jours) qui les démarquent de leurs concurrents.
La société anticipe de plus un rattrapage des ventes de couvertures (sa deuxième activité) et a achevé la construction de l’extension de son usine qui lui permettra de doubler sa capacité de production.
Avec tous ces éléments, et malgré une baisse de 11% de la branche détection automatique (Poséidon) la croissance moyenne constatée de ces dernières années, qui est de 15% par an, a été dépassée et devrait encore largement l’être dans les années à venir. Et enfin, je note que la dette senior a été remboursée à Maytronics, ce qui écarte tout risque d’augmentation de capital, comme cela fut le cas en 2018.

Explosifs et Produits Chimiques

L’offre d’achat est finalisée et la société 4 Décembre détient désormais le contrôle de la société. Dans un communiqué, j’apprends que la valeur nominale des actions va être divisé par dix (à 3,10 €) et que les parts de fondateur vont être converties en actions ordinaires à raison de 1,33 actions pour une part. D’autre part une augmentation de capital va avoir lieu, au cours de 40 €. Pas de consolation du côté des résultats, puisque la société est de nouveau déficitaire. Il n’y a donc qu’à laisser Argos faire son travail de remise de la société sur les rails et attendre patiemment.

Stef

Le groupe, qui a lourdement pâti de la crise au premier semestre, enregistre un bénéfice supérieur aux attentes 72,8 M€ (mais en baisse de 27%). La direction explique ce résultat par l’explosion de la restauration à domicile, du surgelé et du e-commerce. Avec un chiffre d’affaires dans le e-commerce en hausse (40 M€) Stef est à contre-courant d’un secteur qui souffre, à l’instar d’Amazon qui se retire progressivement.
La société continue d’investir :
– Dans l’immobilier pour répondre à la forte demande dans l’entreposage et la logistique (+50% des capacités, avec une chaîne robotisée à Orléans).
– La modernisation du système informatique, avec d’une part l’objectif zéro papier et d’autre part un outil de communication différentiant : le portail client.
– Dans une joint-venture aux Pays-Bas.
Le groupe étend son réseau des pays de l’Est, du Bénélux et de l’Italie grâce à un partenariat avec son grand concurrent Nagel.
La Méridionale continue de souffrir, avec une baisse du chiffre d’affaires de moitié (à 57M€) due à la forte diminution du nombre de traversées (511 en 2020 contre 825 en 2019). La société table sur une nouvelle ligne de frêt et passagers entre Marseille et Tanger et une nouvelle délégation de service public sur Ajaccio et Propriano (avec une subvention de 50 M€). Toujours compliqué cette Méridionale…

Burelle

Malgré un contexte très difficile pour le secteur automobile et une charge de 153 M€ relatifs à des dépréciations d’actifs de sa filiale, la holding dégage un bénéfice de 132 M€ au second semestre 2020 portant l’actif net réévalué à 1.592 € par action, en hausse de 16% par rapport au 31/12/2019. La trésorerie nette est positive de 36 M€. Malgré la remontée du cours la décote reste énorme et l’ensemble toujours aussi bien géré.

Hipay

Malgré des exceptionnels favorables au S1 (comme le chômage partiel), Hipay est encore déficitaire en 2020, à -1,8 M€ (contre -5,7 M€ en 2019). Mais, grâce à un excellent T4, Hipay enregistre pour la première fois depuis cinq ans un semestre bénéficiaire, à +0,2 M€. Même si cela reste symbolique, avec d’une part une croissance qui continue d’être très forte et d’autre part des coûts salariaux qui augmentent nettement moins vite que le chiffre d’affaires (+5% vs +31%), l’année 2021 devrait être largement bénéficiaire. Et enfin je note que la trésorerie disponible (en comptant le tirage possible du complément de BJ Invest) couvre plus d’un an d’activité. Le seul point noir est la dégradation (modérée) des coûts directs au regard du chiffre d’affaires. Le PDG Grégoire Bourdin a affirmé souhaiter entamer des discussions avec ses fournisseurs pour résoudre ce problème.

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