Analyse

Look Holdings : la mode made in Japan

Code : 8029
Cours au moment de l’analyse : 1 029 ¥
Flottant : 91,58%

Malgré son nom à consonance anglophone, Look Holdings est bel et bien un groupe japonais. Il produit, importe et distribue sous seize marques différentes du prêt-à-porter homme et femme en Asie depuis 1962, essentiellement au Japon et en Corée du Sud où il réalise respectivement 63% et 36% de ses ventes Les marchés hong-kongais et chinois sont balbutiants. Avec ses 1 557 salariés, il a généré en 2018 un chiffre d’affaires de 365 M€ et pèse à la bourse de Tokyo 65 M€. Look Holdings est également coté à Francfort sous le mémo LOO.F.

Look Holdings est une net-net qui croît doucement, avec des marges modestes. Lors de son arrivée à la direction du groupe en 2015, Kazuhiro Tada, a établi un plan sur trois ans visant à concentrer l’attention sur les marques rentables et développer les nouvelles. Après deux ans de « transition » douloureuse durant lesquels le groupe a appliqué sa stratégie, les efforts ont commencé à payer. En 2018, dernière année du plan, les bénéfices et la rentabilité sont au plus haut. Pour la suite, Kazuhiro Tada semble assez optimiste et envisage une croissance de 2% du chiffre d’affaires grâce notamment au développement à l’international en s’appuyant sur les marques fortes comme Il Bisonte et Marimekko (détenues en propre à 100%) et le e-commerce.

1. Un excellent bilan

Le groupe est historiquement en très bonne santé financière.

Le groupe ne rachète pas ses actions et ne rachète pas de dette. Et c’est dommage car il possède l’équivalent de 475 ¥ par action de trésorerie ce qui, rapporté à l’échelle du groupe, représente 46% de sa capitalisation.

Même si la dette financière augmente (de manière très modeste, cumulant à 577 ¥ / action) elle représente moins d’un an de flux de trésorerie libre moyen (668 ¥ / action).

2. Un groupe correctement rentable

C’est certain, comparé à H&M ou Inditex qui affichent une rentabilité supérieure à 23%, celle de Look Holdings fait pâle figure, même en ne retenant que l’année 2019, la meilleure. Cela dit, la marge de H&M est en baisse continue, alors que celle de Look Holdings prend plutôt le chemin inverse, grâce au plan initié en 2016 par son P-DG :

3. Conclusion

Les chiffres ne donnent pas nécessairement l’impression d’une fabuleuse société. Pourtant, les chiffres sont encourageants, et je l’avoue, je suis assez enthousiasmé par le P-DG qui dans ses lettres annuelles détaille sa vision « mode, restauration, art de vivre et beauté » et explique clairement ce qu’il va faire et comment il va le faire. Et surtout, les résultats sont là. Petit à petit, le groupe avance suivant une ligne directrice clairement définie. Je ne serai pas surpris de voir la rentabilité du groupe encore s’améliorer. Mais pour l’heure, c’est déjà pas mal. Au cours actuel, le groupe, qui décote de 60% sur sa VANT (dont un quart est de la trésorerie) se paie seulement 3,6 ses bénéfices et verse un dividende rapportant 2,9%. Pour être conservateur, je table sur un PER de 12, même si 15 me paraît plus approprié (la trésorerie vient compenser la faiblesse de la rentabilité). Je vise donc un premier objectif de 3 400 ¥, soir un potentiel de + 230%.

3 thoughts on “Look Holdings : la mode made in Japan”

  1. > Cours au moment de l’analyse : 1 029 ¥
    > il possède l’équivalent de 1 052 ¥ par action de trésorerie nette, ce qui rapporté à l’échelle du groupe représente 46% de sa capitalisation.

    Il doit y avoir un problème, 1052 ca ne fait pas 46 % de 1029.

    1. Bonjour JL, merci d’avoir relevé cette coquille, elle est désormais corrigée.
      Plus précisément :
      – La trésorerie est bien de 1 052 ¥, mais avant les dettes financières, qui sont de 577 ¥.
      – La trésorerie nette est donc de 475 ¥ et représente bien 46% de la capitalisation (au cours de 1 029 ¥).

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