Reporting d’août 2015

Voici encore un mois douloureux, malgré la douceur des vacances estivales. Ceux qui découvrent leurs performances de ce mois d’août doivent être surpris… Peut-être pas tous, finalement. Car certains signes d’une correction (à ce stade, on ne peut encore parler de krach) étaient quand-même bien présents, alors ques les marchés avaient les yeux rivés sur la Grèce. Pendant que nos politiciens ne cessaient de polémiquer au mois le mois sur la deuxième décimale de l’évolution du taux de chômage et que nos financiers spéculaient sur les états d’âme d’Alexis Tsipras, nouvelle idole de notre élite trotskyste (celui qui a « courageusement » tenté de dire non au capitalisme européen, quitte à créer une crise politique à l’échelle continentale), la Chine montrait de plus en plus de signes alarmants quant à son économie. Alors que les bulles financière et immobilière y étaient en train de se percer dans un affolement local contenu, personne ne semblait s’en soucier. Pourtant, une simple et inévitable dévaluation a déclenché une panique générale rarement vue. Ce qui est amusant, c’est de constater que tout semble redevenu normal, comme si la crise s’était estompée d’un coup de dévaluation magique… Je doute que ce soit grâce à notre président normal, qui nous rassure avec un impact calculé à la virgule près de -0,2% sur la croissance en 2015. Quant à la crise grècque qui sème la panique sur les marchés depuis 2011, tout le monde financier semble croire qu’elle est résolue. Finalement tout va très bien, madame la marquise. On a eu peur, on a passé un sale moment, mais on va pouvoir continuer à profiter de la planche à billets de Super Mario.

Je ne suis pas empreint de propos de Roubini ou de Delamarche, et je ne fais pas de pronostic sur l’évolution de la macro-économie, et encore moins sur cellee des marchés financiers. Il m’apparaît cependant important de relativiser le modeste rebond des marchés constaté en fin de semaine dernière et de rester prudent sur la pertinence d’une anticipation quelconque sur leur évolution. Puis-je supposer que le pessimisme n’a pas atteint son maximum et qu’il n’y a pas encore assez « de sang sur les murs » ? Instinctivement je trouve cela totalement légitime, et confesse que la prolongation d’un glissement des indices est le scénario auquel je crois le plus. Dans ces circonstances, je serais tenté de vendre tous mes titres, de partir quelques mois dans les îles, et de revenir une fois la tempête passée la fleur au fusil cueillir les pépites que le marché aura à m’offrir. Mais ce serait une erreur. Car nul ne me dit que le marché va réellement s’effondrer. Et si ce n’était pas le cas, comme cela dure depuis plus d’un an où la situation politico-économique est tendue, je passerais peut-être à côté d’un marché haussier comme celui que nous avons connu en début d’année. Alors a contrario devrais-je investir tout le cash qu’il me reste ? Je ne crois pas non plus. Je pense devoir être plus sélectif dans mes choix que jamais, quitte, en effet, à ne pas investir si les marges de sécurité ne sont pas vraiment formidables.

En conséquence de cela, prudence étant mère de sûreté, je n’utilise plus d’effet de levier (j’ai vendu mes obligations achetées à crédit, comme je l’indique plus bas). Et j’accepte de ne pas être 100% investi, gardant mon cash pour les vraiment très bonnes opportunités. Ainsi, comme (presque) tout le monde, j’ai prospecté dans mes watch lists et refait tourner mes screeners pour détecter ce qui pourrait intégrer mon portefeuille. Malheureusement, n’ayant rien trouvé de concluant – à l’exception de Sears et Cofidur, dont je suis complètement gavé – je ne vois rien qui justifierait que je vide mon porte-monnaie. J’attends donc patiemment les prochaines soldes.

Le portefeuille gagne ce mois-ci 1,85 %. Je dois cette heureuse performance à la remontée de Sears et ses obligations. En revanche, ma poche Japon en a pris un sacré coup, manifestement directement impactée par la crise chinoise. Je pensais qu’en cas de coup de tabac mes minières aurifères m’allaient être salutaires. Que nenni. Profil bas, comme le reste du portefeuille.

Mouvement des titres du portefeuille

  • J’ai tout-de-même légèrement profité de la grosse panique sur la parité euro/dollar pour racheter ma dette en dollars. Cela ne change rien à ma marge, mais je n’aurai plus d’intérêts à payer sur mon compte en dollars. C’est toujours ça d’économisé. Et par chance, le dollar est remonté aussitôt après….
  • Durant ces derniers mois, ma stratégie a été de renforcer le plus possible ma position en obligations Sears. Mon idée était que placer mon cash (et même celui que je n’avais pas, car j’ai joué à la marge) à 12% par an pendant quatre ans quoi qu’il arrive me permettait de sécuriser une partie de mon portefeuille en cas de turbulence des marchés. Mais aussi, considérant très anormale cette décote, j’avais l’espoir d’un retour rapide à sa juste valeur. C’est ce qu’il s’est produit ces derniers jours, l’obligation ayant coté jusqu’à 0,98. Avec l’effet de la marge, ce fut un joli coup. J’ai donc vendu un peu plus de la moitié de ma position.
  • J’ai également soldé ma ligne Northamber. Cette fois, c’est pour des raisons pratiques. D’une part, j’essaie de concentrer mon portefeuille (je gère encore près d’une centaine de lignes) en liquidant mes petites positions ou celles que j’estime être les moins prometteuses. D’autre part, je souhaite clôturer mon compte chez Bourse Direct. Mais si le marché m’offre de nouveau une confortable marge de sécurité, je reviendrai sur le titre. Ma plus-value est d’environ 40% en deux ans.
  • Je suis revenu sur SHOS, qui au cours de 7,10 USD décote de plus de 30% sur sa VANN. Au passage, mon PRU descend à 8,19 USD.

Nouvelles des titres en portefeuille

VEREIT, alias ARCP publie des résultats trimestriesl satisfaisants, avec un chiffre d’affaires en hausse de 14,3% par rapport au second trimestre 2014. Le FFO ajusté monte à 0,22 USD par titre (source : Seeking Alpha) et le dividende trimestriel (qui a été remis en place) devrait être de l’ordre de 6,5% (pour un cours autour de 8 USD).

Coup dur pour les actionnaires de Vet’Affaires : la récurrence des difficultés opérationnelles que rencontre le groupe et le départ d’un de ses partenaires banquiers l’ont contraint à se placer en redressement judiciaire afin d’engager une restructuration. Le cours a assitôt plongé dans des profondeurs abyssales.

Tout marche au contraire assez bien pour le groupe textile Chargeurs qui, grâce à une « politique ciblée sur des volumes plus rentables », augmente son résultat opérationnel de 25% par rapport au premier semestre 2014, malgré une dépréciation du goodwill de 10,5 millions d’euros. Le résultat net part du Groupe est en sensible hausse, portant la book value à 11,23 EUR (en augmentation de 12,6 % sur le semestre) et la VANT à 7,02 EUR. La dette reste élevée, mais la solvabilité est correcte, à 43 %. Le cours actuel tourant autour de 8 EUR, je suis enclin à vendre. Mais comme le management semble optimiste pour le reste de l’année,  je conserve encore un peu mes titres.

Cela semble également bien aller pour Aerocentury qui enregistre pour ce second trimestre un bénéfice de 0,87 USD par titre, tiré par la vente d’appareils (qui fait partie intégrante de son activité, notamment dans le cadre d’une modernisation de sa flotte). La book value augmente de 2,6% à 23,76 USD.

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