Deep Value Investing, de Jeroen Bos

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Deep Value Investing est le premier ouvrage traitant uniquement de la deep value. Son auteur, Jeroen Bos, est un investisseur professionnel d’origine néerlandaise, opérant essentiellement sur le marché anglais, par le biais de son fonds Church Capital Management.

Le livre, qui compte près de 200 pages très faciles à lire, ne s’adresse pas aux purs débutants, l’auteur n’y faisant en effet aucun rappel technique. Il n’y explique non plus aucun fondement de l’investissement dans la valeur, et ne distille aucun conseil permettant d’éviter les pièges classiques dans lesquels tombent les investisseurs inexpérimentés. Plus précisément, outre le premier chapitre qui introduit brièvement l’univers de Benjamin Graham, Jeroen Bos, en structurant son livre comme un recueil d’investissements, a fait le choix de présenter sa stratégie au travers de nombreux exemples réels. Son ouvrage est ainsi composé d’une vingtaine de chapitres, chacun d’eux relatant un cas d’investissement réel, disséqué avec des mots simples, et dont l’ensemble fait finalement ressortir en filigrane une approche générale plutôt qu’un guide précis, ce qui le destine à des investisseurs avertis.

La lecture de cet ouvrage nous a permis de confronter notre méthode à celle d’un gérant reconnu dans la deep value. Voici ce que nous en avons retenu :

  • Jeroen Bros n’investit que dans les net-net sans pour autant avoir une forte marge de sécurité sur la VANN.
  • Il vend rarement à la VANT, préférant attendre que l’entreprise se redresse complètement, et revienne à des niveaux de bénéfices antérieurs. Il s’intéresse donc essentiellement aux incidents de parcours ou plus généralement,  aux cycliques.
  • Il ne se fixe pas de cours de vente, contrairement au précepte principal de l’investissement dans la valeur (nous en reparlons plus bas).
  • Son analyse bilantielle est assez sommaire, dans le sens où dans le calcul de la VANN, il se cantonne à une étude superficielle.
  • Il n’investit pas s’il ne parvient pas à comprendre la raison de la décote du titre et s’il ne croit pas que les difficultés que l’entreprise rencontre sont provisoires.
  • Il manifeste une préférence flagrante pour les sociétés de services, moins gourmandes en actifes fixes, et plus réactives face aux difficultés que des entreprises des secteurs industriels.

Nous nous retrouvons donc assez dans cette approche, à un détail près, qui est que lors de son analyse, Jeroen Bos ne calcule pas de valeur intrinsèque de la société. Il ne peut donc en déduire de marge de sécurité sur son investissement, ce qui est contraire à l’approche value telle que l’a définie Benjamin Graham, et telle que nous l’appliquons. Rappelons au passage qu’une condition sine qua non d’achat est que cette marge de sécurité doit être d’au moins 30%. Par ailleurs, lors de notre achat, cette valeur intrinsèque nous aide à établir un prix de vente, nous permettant ainsi de nous protéger des désastreux biais psychologiques qui nous guettent.

En conclusion, nous dirions que ce livre est en marge des lectures classiques traitant de l’investissement en bourse. Il va sans dire que le sujet traité, la deep value, est suffisamment particulier pour faire de ce livre un livre marginal, mais c’est surtout la pédagogie dont fait preuve son auteur qui le distingue des autres livres de l’école value. Un investisseur débutant sera ainsi certainement dérouté par l’absence de conseils concrets ou de ratios magiques à utiliser. Mais ici, seul le bon sens prime, et un investisseur un tant soit peu au fait des notions élémentaires en bourse pourra se lancer dans l’aventure deep value dès la fin de l’ouvrage. C’est d’ailleurs tout le bonheur que nous lui souhaitons.

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3 réponses à Deep Value Investing, de Jeroen Bos

  1. Francois dit :

    Slt,

    J’ai commandé le bouquin, juste parce que j’ai lu dans votre résumé que l’auteur ne se fixait pas de prix. C’est tellement une hérésie chez les pro mais tellement normal et logique, on fixe des prix parce qu’il le faut pour les IPO ou les mergers.
    Ou avez vous trouvé ce livre? Seeking alpha?

    A+

    • Boris dit :

      Bonsoir,
      si j’en crois vos commentaires, vous n’êtes pas un adepte pur et dur de l’approche value, qui impose une marge de sécurité…
      Pour répondre à votre question, je ne me souviens plus où j’ai « trouvé » ce livre. Mais ce n’est pas Seeking Alpha.

      Bonne soirée,
      Boris

  2. Etienne dit :

    J’ai personnellement lu ce livre en quelques heures. Il m’a assez plus, même si je n’ai pas appris énormément de choses.
    Voici ce que je peux en dire, en complément :
    – c’est actuel, non l’investissement net-net n’est pas cantonné au XXème siècle !
    – En achetant sous la NCAV vous n’avez pas nécessairement besoin de calculer une VI très précise. Ben Graham dit lui-même : » vous n’avez pas besoin d’une balance pour savoir qu’un homme est obèse ».
    – Il fait du net-net qualitatif, dans ce sens où il regarde quand même avec attention ce qu’il achète. Il ne tire pas à vue si je puis dire.
    Il en va même à rencontrer le management.
    – Il est d’une « filiation » prestigieuse en la personne de Peter Cundill, l’un des meilleurs gérants value de l’histoire.

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