Bilan 2011

L’année 2011 avait démarré en fanfare pour nos trois portefeuilles. Cet élan fût brisé net courant mai dès l’annonce du raz-de-marée au Japon. Puis la chute se précipitait fin juillet lorsque nos banquiers s’aperçurent subitement que les pays européens étaient un peu trop endettés…

Le constat

Nous n’allons pas revenir sur l’attitude irresponsable et moutonnière de nos génies de la finance. Ni sur celles de nos politiciens. Tout a été dit (ainsi que son contraire, d’ailleurs). Contentons-nous simplement d’établir un constat chiffré sur l’évolution de nos portefeuilles et d’en tirer quelques conclusions.

Aussi, voici nos tristes performances, à comparer à un CAC 40 à -16,95 % sur l’année :

  • Mégots de cigare PEA : -15,45 % Les mégots de cigare PEA, constitués en majorité de titres français « intimes » ont pâti de la panique générale, bien plus que leurs aînés du CAC 40. Mais ils ont quand même mieux résisté que leur indice de référence, l’indice Mid & Small CAC (-21.44% ). Ce qui est remarquable, c’est la chute vertigineuse des cours de sociétés très endettées. Ainsi, nos titres favoris comme Montupet, Sequana ou Derichebourg ont lourdement pesé dans notre portefeuille, au contraire de sociétés au bilan très sain comme Gévelot, NSC Groupe ou Actia Group qui ont vu leur cours monter.
  • Rendement PEA : -6,32 % Ce portefeuille a pleinement rempli son rôle de refuge en cas de crise. Le versement de généreux dividendes aura en effet encore une fois permis de sauver les meubles. Reste à voir ce que nous allons récolter lors du retournement du marché.
  • Mégots de cigare USA : -23,53 % Les mégots de cigare USA ont souffert de deux acquisitions malheureuses d’origine chinoise. Nous perdons plus de 90% sur chacune de ces valeurs. Cela plombe considérablement un portefeuille constitué d’une dizaine de valeurs. D’ailleurs, sans elles, la perte ne serait « que » d’une dizaine de pour cents. Cette relative bonne performance s’explique en partie par la remontée du dollar. Nous pouvons donc nous estimer heureux d’avoir diversifié géographiquement notre portefeuille.

Les actions entreprises

Alors que nos Nostradamus de la finance nous annonçaient la fin du monde, nous sommes restés fidèles à notre stratégie et à notre conviction :

  • ne surtout pas se laisser emporter par la panique générale et garder la tête froide (c’est toujours plus facile à dire qu’à faire, et par bien des fois, nous avons manqué d’être pris par un fort découragement);
  • ne surtout pas se préoccuper d’hypothétiques résultats futurs ou encore moins se fier aux projections hasardeuses d’analystes dépassés.
  • continuer la chasse aux bonnes affaires et investir dans des sociétés si possible régulièrement bénéficiaires, mais toujours avec des actifs solides et dont le prix offert par le marché est largement inférieur à leur valeur intrinsèque;

Nous avons ainsi non seulement résisté au doux chant de la Défense « vendez, vendez », mais surtout investi jusqu’au dernier centime ce qui nous restait d’argent frais pour racheter à prix d’ami des titres dont plus personne ne voulait. Nous avons ainsi pu – entre autres opérations – renforcer nos lignes dans les petites capitalisations, totalement bradées, comme Chargeurs ou HF Company, ou encore profiter du massacre collectif d’Aperam pour en acheter – non sans une bonne dose de chance – au plus bas historique. Côté grosses capitalisations, en revanche, seule Lafarge nous apparaissait comme une réelle opportunité. Nous ne nous sommes pas privés et avons renforcé notre ligne pour le tiers de sa valeur…

Quelles conclusions ?

Nous pouvons tirer quelques leçons de cette année boursière « difficile » :

  • N’acheter des sociétés endettées que si l’on comprend pourquoi et uniquement si des stratégies de réduction de ces dettes ont été mises en place. Surveiller ces valeurs comme le lait sur le feu.
  • La diversification géographique, tout comme la diversification sectorielle est un atout car elle permet de bénéficier de contextes macro-économiques spécifiques.
  • Ne jamais céder à la panique, et surtout ne pas faire comme les autres. Mais nous le savions déjà…
  • L’emprunt et les produits à effet de levier sont dangereux. En avoir acheté cette année aurait conduit à la catastrophe.
  • Manger cinq fruits et légumes par jour. Ça n’aide pas à gagner en bourse, mais ça évite de grossir.

Et maintenant ?

Le moment des soldes semble être passé. Mais comme ce n’est pas dans nos habitudes d’anticiper les évolutions du marché, nous ne ferons aucune hypothèse dans ce sens. Alors que le marché continue de monter comme il le fait depuis le début de cette année, ou qu’il baisse sur fond de nouvelle panique, notre conviction est que nous avons acheté pour parfois le tiers de leur prix des entreprises en bonne santé, dégageant des bénéfices récurrents, et dont l’avenir ne nous semble pas du tout compromis. Nous sommes même convaincus que notre portefeuille, même s’il affiche une perte historique, vaut encore plus que l’année précédente. Et nous sommes également convaincus que tôt ou tard, le marché reviendra vers ces valeurs, et les valorisera à ce qu’elles valent vraiment. Alors, nous attendons, patiemment. D’ailleurs, il est possible que pour certaines d’entre elles, le réveil ait déjà sonné…

Ce contenu a été publié dans Portefeuilles. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Bilan 2011

  1. Ping : Valeur et solvabilité | Valeur bourse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

− 1 = 1