décembre 2, 2019

A-One Seimitsu

Code : 6156
Cours au moment de l’analyse : 1 408 ¥ (après split de 2:1 en juin 2020)
Flottant : 67%

A-One Seimitsu est une belle petite industrielle fondée en 1965 spécialisée dans la fabrication d’outils de serrage (mandrins et pinces, qui représentent 71% du chiffre d’affaires) et d’outils de polissage pour outils de découpe (28% du chiffre d’affaires). Très marginalement, elle conçoit et fabrique des cames pour les tours automatiques (1%). Elle emploie 100 salariés pour générer un chiffre d’affaires de 17 M€. Au cours de 1 408 ¥ elle capitalise 46 M€.

Le fondateur, Katsuhiko Umehara, a construit son groupe avec l’obsession de la qualité et du service client à coût modeste. Tout est mis en œuvre pour servir ces objectifs, notamment un management horizontal, qui renforce la proximité avec ses salariés (pour l’anecdote : il n’a pas de bureau officiel, juste un meuble dans son usine).  Ainsi, opérant en partie sur un marché de niche, l’entreprise, qui domine son marché, est reconnue pour sa faculté à remplacer des pièces critiques très rapidement. Le groupe est bénéficiaire depuis trente-neuf ans sans discontinuer. Enfin, Katsuhiko semble avoir été nommé un des meilleurs entrepreneurs au Japon en 2007, juste avant son départ de la direction opérationnelle du groupe. En 2015 la société lui a racheté la moitié de ses titres (soit 20%, que l’on retrouve au bilan) aux alentours de 1 400 ¥ par action. Il reste indirectement le plus gros actionnaire du groupe avec 21% des parts détenus via la holding Chichi. Le flottant reste important, à 67%.

Actuellement, 90% des ventes se font au Japon. L’internationalisation est en marche depuis 2018 avec de nouveaux clients à Taiwan (4,3%), en Corée du Sud (2,1%), en Chine (1,6%) …

1. Une solidité financière rare

Celle-ci s’explique par une absence totale de dettes et une colossale trésorerie. Au final, la trésorerie nette de dettes financières représente 100% de la capitalisation du groupe.

2. Une activité très rentable

La forte marge nette saute aux yeux, alors que le ROCE tel que calculé ici n’est pas extraordinaire. Mais il faut le relativiser en raison de la trésorerie. Faisons l’hypothèse que la société verse un énorme dividende à ses actionnaires. Les passifs sont tellement faibles que même en distribuant toute la trésorerie, la solvabilité serait de 65% après la distribution. Et mécaniquement, le ROCE passerait à 56,2% ! Par ailleurs, la marge sur flux de trésorerie libre est de 21%. Autant dire que cette société est très rentable.

3. Une création de valeur un peu décevante

Même si le chiffre d’affaires progresse peu (2,7% par an en moyenne), le bénéfice par action progresse d’environ 12% par an. La VANT progressant de 6% par an et la société offrant un rendement de 2,5%, la création de valeur théorique est de 8,5% par an, à peu près en ligne avec le ROCE. Compte tenu de la vraie rentabilité de l’entreprise, cela pourrait être mieux.

4. Conclusion

A-One opère en partie sur un marché de niche, sur lequel elle est reconnue. Elle est rentable et en légère croissance, avec des perspectives à l’international prometteuses, vu les valeurs ancrées par son fondateur. Une telle société a un prix. Et là, le marché ne se trompe malheureusement pas beaucoup puisqu’elle cote 15 fois ses bénéfices. Mais c’est sans compter la trésorerie, qui comme nous l’avons vu, peut être redistribuée sans freiner le business. En conséquence, en achète une belle petite société pour 0. Au minimum on doit s’attendre à un doublement du cours. Cela peut aller beaucoup plus loin si le développement à l’international est réalisé sans sacrifier les marges. Je vise donc un objectif mixte de 3 000 ¥.

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    1. Bonjour Raynar,

      merci pour votre intérêt. Vous trouverez sur ce blog plusieurs sociétés japonaises tout aussi décotées. Si vous aimez ce type d’investissement, vous serez servi.
      Je serais intéressé par vos éventuelles remarques quant à A-One Seimitsu.

  1. Remarque : Votre article ne mentionne pas la date de publication.

    Il semble qu'il y a eu un split de 2undefined1 entre temps, je pense que votre objectif est désormais à 3000 JPY ce qui me semblerait plus raisonnable que 6000 JPY ?

    Vous dites que la capitalisation est de 23M EUR, yahoo dit 6.5B JPY (~54M EUR) : L'un de vous 2 se mélange les pinceaux à cause de ce split ?

    1. Bonjour Stéphane,

      l’article a été publié il y a un environ, le 2 décembre 2019.
      Et vous avez parfaitement raison:
      – D’une part il y a bien eu un split le 28 janvier 2020 à raison de 2 titres pour 1.
      – Et d’autre part, la capitalisation est de 55 M€. J’ai dû faire une erreur de copier/coller.

      Je vous remercie de m’avoir signalé ces deux erreurs, j’ai mis l’article et mon objectif de cours à jour.

      Le cours du titre n’a pas beaucoup bougé depuis mon achat, mais la société a continué à gagner de l’argent et devrait continuer à en gagner en 2021.
      Avec une telle décote sur une entreprise qui reste profitable même dans une période aussi compliquée, je n’ai pas de mal à me montrer patient et à attendre que le marché s’intéresse à cette société.

  2. Bonjour,

    Bravo pour votre site et tout son contenu. J'ai découvert le blog il y a quelques mois et j'ai été tentée de me positionner sur Linedata, Hipay et Magillem en lisant vos articles. Les 3 positions m'ont permis d'avoir des retours assez intéressants. Avec le recul, j'aurais aimé mettre plus de fonds sur ces titres !

    En lisant votre article sur A-One Seimitsu, je suis tentée de me positionner, mais je ne vous cache pas qu'il y a un point que je n'arrive pas à comprendre.

    Vous indiquez : "Au cours de 2 816 ¥ elle capitalise 23 M€". J'ai bien noté qu'entre temps il y a eu un changement du nombre d'actions, qui a eu pour conséquence une division par +- 2 du cours. Pouvez-vous me dire sur la base de quel nombre d'actions vous obtenez 23 millions d'euros ?

    Je note aussi que votre article a été rédigé il y a un an et sur un an, le cours EUR undefined JPY est à peu près le même.

    Aujourd'hui à 1 345 JPY x 6 000 000 d'actions, j'obtiens 8,07 milliards de JPY soit environ 64 millions d'euros. Mais peut-être que je me trompe.

    Est-ce que vous avez déterminé l'objectif de 3 000 JPY sur la base d'une valorisation à 23 millions d'euros ?

    Par ailleurs :

    – Est-ce que vous gardez toujours votre objectif de 3 000 JPY par titre ?
    – Est-ce que la boîte verse des dividendes réguliers ?
    – Quel est le régime de fiscalité pour un résident fiscal en France qui perçoit des dividendes du Japon (retenue à la source undefined crédit d'impôt, etc.) ?

    Merci d'avance pour votre retour !

    1. Bonjour Elodie, merci pour votre sympathique commentaire.

      Vous avez raison: j’ai omis de reporter le split à tous les endroits de l’article. Il faut bien lire 46 M€ au lieu de 23 M€ et 1 408 JPY au lieu de 2816 JPY.
      La société ayant racheté plus de 1,2 M actions sur le marché sans les annuler, elle possède 1,2 M d’actions auto détenues, qui ne doivent pas être comptabilisées dans le calcul de la capitalisation. Donc, sur les 6 M d’actions émises, seules 4,8 M doivent intervenir dans votre calcul.

      La société verse des dividendes régulièrement, et même en augmentation. Elle devrait verser au titre de l’exercice 2020 un coupon de 50 JPY et procurer ainsi un rendement brut de 3,7% au cours de 1 345 €.
      A-One Seimitsu est une de mes japonaises préférées (j’en ai une quarantaine en portefeuille): elle est rentable (malgré le coronavirus), cote sous sa trésorerie nette de tout passif et verse un dividende en augmentation. Je continue de tabler sur 3 000 JPY. Mais attention, cet objectif est uniquement basé sur des critères quantitatifs. Je n’ai pas fait d’analyse approfondie de la société. Il n’est pas impossible que cette société, qui est en panne de croissance, reste encore longtemps oubliée dans un marché japonais globalement très décoté.
      Pour éviter des problèmes justement relatifs à un achat purement basé sur des critères quantitatifs, il me semble prudent de diversifier son exposition au Japon. Pour vous donner une idée, Chacune de mes lignes japonaises pèse pour environ 0,4 % du portefeuille total.

      Je crois savoir que le Japon prélève 15% à la source. Comme il existe une convention fiscale entre le Japon et la France, vous devriez pouvoir récupérer ces 15% sous forme de crédit d’impôt, et ne devoir au fisc français que 30%. Mais je vous recommande de vérifier, car je n’en ai aucune certitude.

      1. Merci beaucoup pour votre retour.

        Oui, j'ai vu que la société a racheté 20% du capital au fondateur et que le nombre de titres en circulation est de 4,8 millions.

        Les 1,2 millions d'actions auto détenues ne sont pas à prendre en compte dans le calcul si ces actions restent entre les mains de la société (les actionnaires sont indirectement les propriétaires), ou si ces actions sont annulées (l'idéal).

        Cependant, si les actions sont redistribuées aux collaborateurs, ça fera des actions en circulation.

        Avez-vous des informations sur le devenir de ces 1,2 millions d'actions ?

        Merci beaucoup

        1. Si les actions sont redistribuées aux collaborateurs, effectivement, il faudra en tenir compte. Mais alors le marché pourra constater un appauvrissement de la société et ajuster le cours en conséquence (à la baisse). La capitalisation pourrait alors rester au même niveau qu’avant la redistribution.

          Je n’ai aucune information quant à l’avenir de ses titres.

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