Analyse

A-One Seimitsu

Code : 6156
Cours au moment de l’analyse : 2 816 ¥
Flottant : 67%

A-One Seimitsu est une belle petite industrielle fondée en 1965 spécialisée dans la fabrication d’outils de serrage (mandrins et pinces, qui représentent 71% du chiffre d’affaires) et d’outils de polissage pour outils de découpe (28% du chiffre d’affaires). Très marginalement, elle conçoit et fabrique des cames pour les tours automatiques (1%). Elle emploie 100 salariés pour générer un chiffre d’affaires de 17 M€. Au cours de 2 816 ¥ elle capitalise 23 M€.

Le fondateur, Katsuhiko Umehara, a construit son groupe avec l’obsession de la qualité et du service client à coût modeste. Tout est mis en œuvre pour servir ces objectifs, notamment un management horizontal, qui renforce la proximité avec ses salariés (pour l’anecdote : il n’a pas de bureau officiel, juste un meuble dans son usine).  Ainsi, opérant en partie sur un marché de niche, l’entreprise, qui domine son marché, est reconnue pour sa faculté à remplacer des pièces critiques très rapidement. Le groupe est bénéficiaire depuis trente-neuf ans sans discontinuer. Enfin, Katsuhiko semble avoir été nommé un des meilleurs entrepreneurs au Japon en 2007, juste avant son départ de la direction opérationnelle du groupe. En 2015 la société lui a racheté la moitié de ses titres (soit 20%, que l’on retrouve au bilan) aux alentours de 2 800 ¥ par action. Il reste indirectement le plus gros actionnaire du groupe avec 21% des parts détenus via la holding Chichi. Le flottant reste important, à 67%.

Actuellement, 90% des ventes se font au Japon. L’internationalisation est en marche depuis 2018 avec de nouveaux clients à Taiwan (4,3%), en Corée du Sud (2,1%), en Chine (1,6%) …

1. Une solidité financière rare

Celle-ci s’explique par une absence totale de dettes et une colossale trésorerie. Au final, la trésorerie nette de dettes financières représente 100% de la capitalisation du groupe.

2. Une activité très rentable

La forte marge nette saute aux yeux, alors que le ROCE tel que calculé ici n’est pas extraordinaire. Mais il faut le relativiser en raison de la trésorerie. Faisons l’hypothèse que la société verse un énorme dividende à ses actionnaires. Les passifs sont tellement faibles que même en distribuant toute la trésorerie, la solvabilité serait de 65% après la distribution. Et mécaniquement, le ROCE passerait à 56,2% ! Par ailleurs, la marge sur flux de trésorerie libre est de 21%. Autant dire que cette société est très rentable.

3. Une création de valeur un peu décevante

Même si le chiffre d’affaires progresse peu (2,7% par an en moyenne), le bénéfice par action progresse d’environ 12% par an. La VANT progressant de 6% par an et la société offrant un rendement de 2,5%, la création de valeur théorique est de 8,5% par an, à peu près en ligne avec le ROCE. Compte tenu de la vraie rentabilité de l’entreprise, cela pourrait être mieux.

4. Conclusion

A-One opère en partie sur un marché de niche, sur lequel elle est reconnue. Elle est rentable et en légère croissance, avec des perspectives à l’international prometteuses, vu les valeurs ancrées par son fondateur. Une telle société a un prix. Et là, le marché ne se trompe malheureusement pas beaucoup puisqu’elle cote 15 fois ses bénéfices. Mais c’est sans compter la trésorerie, qui comme nous l’avons vu, peut être redistribuée sans freiner le business. En conséquence, en achète une belle petite société pour 0. Au minimum on doit s’attendre à un doublement du cours. Cela peut aller beaucoup plus loin si le développement à l’international est réalisé sans sacrifier les marges. Je vise donc un objectif mixte de 6 000 ¥.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

70 + = 76