Analyse

French Connection (FCCN.L)

Présentation

French Connection est un groupe de prêt-à-porter anglais fondé en 1969 par Stephen Marks (actuel PDG) essentiellement autour de la marque French Connection (90% du CA aujourd’hui), qui cible les femmes et les hommes entre 18 et 35 ans. Depuis, des marques comme TOAST, Great Plains, ou YMC ont vu le jour, ainsi que d’autres produits comme les parfums, les chaussures, ou les montres. Le groupe, par le biais de filiales et de franchises, étend son activité auprès de plus de mille revendeurs répartis dans une cinquantaine de pays. Il continue de se développer en Asie, notamment en Chine, en Inde et à Hong-Kong par une joint-venture.

Situation

Le groupe a enregistré des lourdes pertes ces dernières années, et le cours est au plus bas depuis vingt ans, après avoir subi une division par 23 depuis mars 2003 (son sommet, à 485GBX). Face à ce constat, la stratégie du groupe a été double : engager des restructurations en fermant les enseignes déficitaires, et développer les nouvelles marques et les nouveaux produits. Il semblerait que cela s’avère payant, puisque l’exercice 2011 est bénéficiaire, malgré un chiffre d’affaires constant sur les quatre dernières années. La direction s’est vue confiante, en maintenant le versement d’un dividende. Noter que Stephen Marks et sa famille détiennent 41,8% du capital.

Valorisation

French Connection n’a pas été profitable sur les quatre dernières années, malgré les bénéfices de 2011. Nous n’allons donc pas valoriser l’entreprise par ses ratios de rentabilité, mais par son patrimoine. Le bilan nous renseigne sur les valeurs suivantes :

2011

2010

2009

2008

Solvabilité

60,03%

60,64%

55,62%

63,10%

VANN

60,17

55,69

54,33

80,40

VAC

38,86

39,10

38,84

57,28

VANT

70,07

67,06

68,40

99,27

Pour calcul de la Valeur à la Casse (VAC), nous avons appliqué une décote de 50% sur la valeur des stocks telle qu’elle apparaît au bilan (au prix coûtant) et seulement 10% sur les créances nettes (les  provisions pour créances impayées sont très très faibles).

Conclusion

French Connection est un groupe qui existe depuis plus de quarante ans, dirigé avec brio par Stephen Marks. Ce dernier étant actionnaire quasi majoritaire, ses intérêts sont les mêmes que ceux des actionnaires. Le groupe traverse manifestement une période difficile (trois profit warnings ont été lancés en 2012), mais la direction a pris des mesures qui semblent être payantes. Nous ne pouvons toujours pas lire dans l’avenir, mais malgré le caractère aléatoire du succès de collections (propre à ce métier), nous pensons que le groupe a les moyens de pérenniser ce retour aux bénéfices. Si ce n’était toutefois pas le cas dans les deux ou trois prochaines années, la solidité du bilan (avec 60% de solvabilité) nous permettrait d’attendre. Alors, une VANN à trois fois le cours actuel nous incite directement à l’achat, avec comme objectif la VANT, à 70GBX (potentiel de 229,76% au cours de 21,25GBX). Pour les indécis, voici encore deux éléments intéressants :

  • un dividende de 1,60 GBX a été voté, ce qui représente au cours actuel de 21,25GBX un rendement de 7,53%. Ce n’est pas négligeable. Un retour durable aux bénéfices ferait certainement exploser le titre.
  • dans nos calculs, nous avons compté la valeur de la marque pour 0. Celle-ci pourrait pourtant attirer un prédateur.

Nous ne comprenons pas pourquoi le marché nous offre une si belle opportunité. Mais au vu des risques, nous aurions tort de ne pas en profiter.

4 thoughts on “French Connection (FCCN.L)”

  1. Je vous remercie pour la publication de cette analyse fort intéressante.
    Question peut être bête par rapport à cette analyse : dans vos calculs des différents de valeur, avez-vous pris en compte qu’il faudra payer tous les loyers lié au baux des différentes boutiques du groupe ?
    Ces baux sont hors-bilan mais bel et bien mentionnés dans les rapports annuels. En cas de liquidation, ils passent bien entendu dans la partie dettes. Evidemment, s’il n’y a pas liquidation, et si vous n’envisagez pas le scénario une nanoseconde, il est inutile de les considérer.

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