Le prix, le prix, le prix

Au fil de nos plus récentes lectures sur la toile ou papier, nous nous sommes aperçus que nous n’avions peut-être pas assez traité du sujet le plus important de l’investissement dans la valeur : le prix. A l’instar de l’adage disant que les trois règles d’or du commerce sont l’emplacement, l’emplacement et l’emplacement, nous pouvons affirmer que les trois règles d’or de l’investissement dans la valeur sont le prix, le prix et le prix.

Rappelons que le fondement de l’investissement dans la valeur consiste à profiter des aberrations du marché en achetant des titres à un prix bien inférieur à leur valeur intrinsèque. Pour reprendre notre métaphore du commerce, nous achetons un produit en-dessous de son prix pour le revendre plus tard à son prix. C’est donc bien la notion de prix qui est au cœur de la définition de l’investissement dans la valeur, et non les notions de croissance ou de rentabilité. Ainsi, même si des titres présentent des ratios de croissance et de rentabilité impressionnants, le premier critère est toujours le prix.

Car nous sommes convaincus (et c’est l’hypothèse de base de l’investissement dans la valeur) que tôt ou tard, le cours d’un titre rejoindra sa valeur intrinsèque. En accord avec cette hypothèse, acheter un titre en solde (donc en-dessous de sa valeur intrinsèque) permet d’envisager une substantielle plus-value, généralement indépendamment du contexte économique. Mais, il y a plus. Et c’est loin d’être anodin. Acheter en solde permet également de rester à l’écart de titres à la mode, dont les cours,  toujours surestimés et bien au-delà de leur valeur intrinsèque, finissent par s’effondrer lors du retour à la réalité. Ainsi, acheter au rabais permet non seulement de faire une bonne affaire, mais permet également d’éviter d’en faire une mauvaise !

Pour illustrer notre propos, prenons l’exemple d’Aperam. Il s’agit d’une filiale du géant ArcleorMittal. Elle fut introduite en bourse en janvier 2011. Son bilan était très sain, et ses bénéfices réguliers. A l’époque, le titre était encensé par tous les analystes. Son cours a vite grimpé, passant de 28€ à 31€ en quelques jours. Puis, pour des raisons liées au cours du nickel et à la macro-économie du secteur, il a rapidement sombré, pour finalement tomber lourdement à moins de 10€, perdant ainsi les 2/3 de sa valeur en quelques mois. Durant cette faramineuse chute, tous les professionnels exhortaient unanimement de se débarrasser de ce poltergeist. Nous nous sommes alors intéressés au titre, et avons estimé sa valeur intrinsèque à 17€. Son cours, 10€, offrait un potentiel de 70% par rapport à sa valeur intrinsèque. Pas plus que quelques semaines plus tard, en janvier 2012, des rumeurs de fusion dans le secteur de l’acier inoxydable ont fait flamber le titre en deux semaines, le propulsant au cours actuel de 17€.  Les analystes reviennent désormais tous sur cette valeur « sous-cotée ».

Cet exemple illustre bien l’objet de cet article. Nous avons profité d’une erreur collective de jugement pour acheter en solde un titre de qualité. La correction de cette erreur ne s’est pas fait attendre, et le cours a récupéré sa valeur intrinsèque. Il est fort probable que le cours continue de monter… ou pas. Nous ne sommes pas devins, mais ce que nous pouvons vous certifier, c’est qu’au cours actuel (où titre ne cote plus sous sa valeur intrinsèque), nous ne sommes plus acheteurs.

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